Trois questions à… Jean Vautrin

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Président d’honneur du jury, l’écrivain Jean Vautrin résume l’esprit du Prix populiste, devenu Prix Eugène Dabit du roman populiste, une distinction littéraire qui n’a pas cesser de faire rimer engagement avec humanité.

 

 

Comment est né le Prix Populiste ?

Il est créé en 1929 avec l’objectif de couronner un roman mettant en scène le peuple. A l’époque, la démarche correspond à une vraie lignée d’écrivains. En leurs temps, Victor Hugo, Emile Zola et Jules Vallès auraient fait partie des lauréats. En 1931, Eugène Dabit est récompensé pour Hôtel du Nord ; cela met un coup de projecteur sur l’événement qui gagne en importance au fil des années. Romain Rolland, Jean-Paul Sartre, Bernard Clavel, Louis Guilloux… toutes ces grandes plumes ont obtenu le Prix Populiste !

D’où vient le mot « populiste » ?

Le terme est issu du Populisme, mouvement littéraire et artistique fondé en même temps que le Prix. Depuis, hélas, le mot a été galvaudé. Le Prix Populiste en a d’ailleurs subi les conséquences puisque, à la fin des années 70, il s’éteint pendant quelques années, victime de sa terminologie, avant d’être restauré par l’Association pour la Restauration du Prix Populiste.

Comment s’inscrit le Prix Populiste dans la littérature d’aujourd’hui ?

La philosophie reste la même : rendre compte de la réalité sociale, au sens large bien entendu. Malheureusement, aujourd’hui, la mode, c’est d’écrire sur son nombril. La barbarie dans laquelle nous vivons actuellement devrait pourtant nous inciter à nous pencher sur ces questions sociales. Au lieu de cela, nous sommes submergés par la littérature people. Même les Américains, qui, eux, cultivent une littérature sociale, rigolent de cette tendance exhibitionniste en vogue dans l’Hexagone.

 

Actualités

1 décembre 2017

> Titaua Peu, lauréate 2017 pour son roman “Pina”

C’est une première dont notre prix peut être fier : récompenser une auteure polynésienne.
Titaua Peu, pour son étonnant Pina, recevait en effet le 30 novembre la distinction 2017 des mains du parrain de l’année, Grand Corps Malade. Un moment littéraire chaleureux qui, comme habituellement, s’est déroulé à l’Hôtel du Nord de Paris, en présence des membres du jury, de journalistes, d’éditeurs, d’amis du prix ainsi que d’autres écrivains restés en lice lors de la deuxième sélection de cinq titres.
Arno Bertina, l’auteur largement plébiscité des magnifiques Châteaux qui brûlent (Verticales), retenu par un atelier d’écriture à Rennes, a ainsi tenu à féliciter la lauréate à distance. Thomas Flahaut, qui présenta un Ostwald (L’Olivier) remarqué, à l’écriture fine, très méritant pour un premier roman, avait fait le déplacement. Sorj Chalandon, parvenu à un cheveu de la distinction pour son puissant Jour d’avant (Grasset), était lui aussi présent, amical et très fair-play pour la petite cérémonie du canal Saint-Martin. Enfin, Frédéric Viguier, retenu, était représenté pour son Aveu de faiblesse par Nadine Straub (Albin Michel).
« Un roman de folie, de feu, de cœur, de sang », avait noté Jean-Luc Marty, écrivain et membre du jury, à propos du roman de Titaua Peu. « Une histoire universelle, faite de sueur, d’amour, de pleurs mais aussi d’espoir », poursuivait la lauréate qui affirmait apprécier dans le prix Eugène Dabit cette « volonté de donner la parole aux sans voix, à ceux qui souffrent » et qui a promis de « continuer, pas seulement pour moi mais aussi pour mon pays. »
C’est en effet la force et l’originalité de Pina : proposer une écriture vigoureuse proprement tahitienne dont la dimension universelle touche chacun d’entre nous. Antithèse d’une carte postale, Pina est l’expression directe du peuple polynésien.

Photo @Mo Fischer
De gauche à droite : Jean-Luc Marty, Grand Corps Malade, Philippe Haumont, Titaua Peu, Valentine Goby, Arthur Toscan du Plantier, Michel Quint.

13 novembre 2017

> Dernière ligne droite pour cinq talents

Dernière ligne droite pour les cinq romans, tous remarquables et d’inspirations différentes, retenus en deuxième sélection 2017 par le jury du prix Eugène Dabit du roman populiste.
Parmi une première sélection de onze titres de haute volée, les jurés ont réussi à distinguer :
Arno Bertina, « Les Châteaux qui brûlent », Gallimard-Verticales;
Sorj Chalandon, « Le Jour d’avant », Grasset;
Thomas Flahaut, « Ostwald », Éditions de l’Olivier;
Titaua Peu, « Pina », Au vent des îles;
Frédéric Viguier, « Aveu de faiblesses », Albin Michel.
Prochain rendez-vous le 30 novembre, vers 14 h 30 à l’Hôtel du Nord de Paris, dans les quartiers d’Eugène Dabit, dans la foulée de la délibération du jury, pour la désignation du lauréat 2017.
Après Douglas Kennedy en 2016, c’est Grand Corps Malade qui nous fait l’amitié d’être le parrain du millésime 2017. Il partagera avec nous ces moments littéraires et complices.

Hôtel du Nord, 102, quai de Jemmapes 75010 Paris.

 

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