Didier Castino reçoit le prix Eugène Dabit 2015 pour « Après le silence » (Liana Levi)

APRES LE SILENCE © Art Becker/CORBIS (sdp)
Réuni à l’Hôtel du Nord le jeudi 26 novembre 2015, le jury du Prix Eugène Dabit du roman populiste a désigné comme lauréat, dès le premier tour et à une nette majorité, Didier Castino pour son premier roman, Après le silence, édité par Liana Levi.Ce texte d’une rare puissance dont le souffle ravive dans un réalisme époustouflant une mémoire ouvrière que l’on aurait pu croire endormie a conquis le jury. Elan, rigueur, souffle, puissance sont, dans le roman de Didier Castino, mis au service de la construction élaborée d’un récit à deux voix, du passé au présent, du père au fils ou plutôt du fils au père. L’auteur dépeint dans un réalisme sans concession la dureté d’une condition sociale et la droiture de ceux qui se sont engagés leur vie durant, jour après jour, pour la transformer, nous interrogeant subtilement au passage sur la manière dont les générations suivantes portent encore ces valeurs.
Les quatre autres titres en lice (lire ci-contre) après la seconde sélection ont tous fait l’objet d’éloges et méritent d’être soutenus pour leur indéniable créativité littéraire ainsi que pour un ancrage souvent original et novateur dans le réel. En deuxième position, le jury a spécialement aimé l’étonnant et drolatique Quand le diable sortit de la salle de bains, proposé par Sophie Divry, une prouesse stylistique employée à décrire de l’intérieur la réalité chaotique et souvent absurde des errances d’une jeune chômeuse qui veut sortir de sa condition.

Le prix Eugène Dabit 2015 sera remis à Didier Castino
le mercredi 16 décembre à 18 h, au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis*
par Patrick Braouezec, président de Plaine Commune et membre du jury du prix

Sont cordialement invités à partager ce moment les amis du prix, du territoire de Plaine Commune, du Théâtre Gérard Philipe, les éditeurs, écrivains et journalistes sensibles à la démarche d’un prix littéraire qui a récompensé au fil de sa longue histoire les plus grands écrivains de leur temps. Un prix soucieux de valoriser un genre qui place le peuple, sa vie, ses espoirs et ses résistances au cœur d’une écriture lucide, originale et exigeante.

* Théâtre Gérard-Philipe 59, boulevard Jules-Guesde. 93200 Saint-Denis

Contact : Association pour la restauration du Prix Eugène Dabit du roman populiste
Philippe Haumont. 8 bis, rue Aubert 93200 Saint-Denis – France
Tél. 01 83 74 23 03 – 06 20 98 37 84
philippehaumont@yahoo.fr ~philippe@philippehaumont.com

Invitation 2015

Actualités

17 mars 2021

> Une première sélection de 10 titres pour le cru 2020-2021

Réuni le 16 mars 2021 en visioconférence, le jury du prix Eugène Dabit
du roman populiste a retenu en première sélection dix romans parus en 2020 et 2021.

  • Corinne Atlas, Les Riverains (Herodios)
  • Salomé Berlemont-Gilles, Le premier qui tombera (Grasset)
  • Grégoire Delacourt, Un jour viendra couleur d’orange (Grasset)
  • Aurélien Delsaux, Pour Luky (Noir sur blanc)
  • Thomas Flahaut, Les Nuits d’été (éditions de l’Olivier)
  • Françoise Henry, Loin du soleil (éditions du Rocher)
  • Hervé Le Corre, Traverser la nuit (Rivages)
  • Laurent Petitmangin, Ce qu’il faut de nuit (La Manufacture de livres)
  • Jean Rolin, Le Pont de Bezons (P.O.L)
  • Samira Sedira, Des Gens comme eux (La Brune, au Rouergue)

Tous ces ouvrages, dans leur diversité d’approches et de styles, ont emporté la conviction du jury pour la substance des récits, leur ancrage dans le réel, la puissance des situations, la vivacité des personnages et la bienveillance du regard des autrices et auteurs pour restituer une parole, reconnaître une existence à des êtres trop souvent niés ou muselés.

La prochaine sélection, de cinq titres ou moins, est prévue le 8 avril 2021.

La désignation de la lauréate ou du lauréat aura lieu le 15 avril 2021.

La cérémonie de remise du prix 2020-2021 se tiendra le 4 mai sous une forme qui reste à définir en fonction du contexte sanitaire.

La marraine de l’évènement, Maryse Wolinski, nous permettra de rendre un hommage à Georges Wolinski, qui fut membre de notre jury jusqu’à son assassinat, en 2015. Hommage sera aussi rendu à notre jurée Nicky Fasquelle, victime en 2020 de la première vague de la Covid.

La dotation du prix Eugène Dabit du roman populiste est portée à 3000 €.

18 avril 2020

> Adieu Nicky

Repas du jury en 2012, à l’Hôtel du Nord. De gauche à droite : Valentine Goby, NICKY FASQUELLE, Xavier Houssin, Michèle Lesbre, Joseph Da Costa, Michel Quint et Akli Tadjer.

Nous sommes tristes. Nicky Fasquelle ne sera pas à notre prochain rendez-vous de jury du prix du roman populiste. Dans l’ombre de notre ignorance, le virus assassin nous a ôté sa présence joyeuse, ses éclats de rire spontanés, son sourire malicieux et bienveillant, ses choix de lecture avisés.
À la demande d’Armand Lanoux, elle avait contribué dès 1984, avec Marcel Jullian, Jérôme Garcin, Paul Morelle, Clément Lépidis, Raymond Jean, Louis Nucera, Claude Poulain… à la restauration du « Prix Populiste ». Membre du bureau de l’association, participant à la première proclamation du Prix à Beauvais elle avait, comme tous les membres du jury cette année-là, mis la main à la poche pour doter le lauréat.
D’une grande générosité elle a souvent accueilli le jury pour ses réunions au restaurant « Le Perron ». Attentive à aux problèmes personnels des uns ou des autres, après les réunions, elle raccompagnait toujours en voiture Alexandre Astruc. En vacances en Espagne en 1997, elle avait téléphoné à plusieurs membres du jury pour s’assurer de leur présence auprès du fils de Clément Lépidis, qui venait de décéder.
Son engagement pour le « Prix Populiste » était entier. Toujours présente aux réunions de sélection, ses choix étaient dictés par une grande connaissance de la littérature et l’estime qu’elle portait aux écrivains, aux nouveaux talents. Des choix toujours impartiaux, quels que soient ses liens avec les milieux de l’édition. Femme libre, intègre, décomplexée, aucune pression n’avait prise sur ses appréciations.
Aux fêtes du livre de Saint-Étienne, Belfort, Toulon, dans les villes d’accueil pour la remise du prix, elle était là, avec Jean Vautrin, Patrick Rambaud, Cavanna, Wolinski, Dan Franck, Akli Tadjer et se tenait humblement derrière le stand du Magazine littéraire. Jean Vautrin avait coutume de dire que nous étions une académie de bons vivants amoureux des livres, du bon vin et des simples gens. Nicky en restera l’emblématique représentante.
Joseph Da Costa

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